RCA: Bria au bord du chaos

la ville de Bria, à environ 600 km de Bangui, sombre dans le chaos à cause des affrontements entre les groupes armés. Des notables tentent la médiation.

La ville de Bria n'est plus que l'ombre d'elle-même. Toutes les activités sont paralysées, aucune administration ne fonctionne en dehors de l'hôpital qui est opérationnel mais avec beaucoup de difficultés.

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La ville est divisée en trois : un camp pour les ex-combattants du Front Patriotique pour la Renaissance de la Centrafrique, FPRC, un autre pour les ex-combattants SELEKA de communauté Goula, un autre pour les auto-défense. La population non musulmane est sur les sites de l'église catholique et de PK 3, base de la MINUSCA où on dénombre plus de 30 000 déplacés.

« Depuis l'élection du président Touadéra, la situation sécuritaire et humanitaire se détériore davantage, » déclare Maurice Balekouzou, maire de Bri . « La MINUSCA ne désarme même pas les groupes armés, les ex combattants tuent et pillent au vu et au su des casques bleus, si bien que je suis obligé de ramener ma famille à Bangui pour raison de sécurité. »

Risque de famine à Bria

Les affrontements entre les groupes armés font que le marché est fermé. Il n'y a pas assez de nourriture dans la ville. Une boîte de sardine qui coutait 500 f se vend maintenant à 2000 FCFA. Une cuvette de manioc qui coutait 1500 f est passée aujourd'hui à 7000 f. Les cultivateurs ne peuvent pas aller aux champs à cause de l'insécurité. Les éleveurs peuls ne ravitaillent plus la population en viande de bœuf car ils ont trouvé refuge à plus de 200 km en brousse .

Marie Kongbo vit avec sa famille de 11 personnes sur le site PK 3. « La faim va nous tuer, on n'a pas à manger. Les humanitaires ne nous donnent plus de vivres. On ne peut pas aller au champ, on ne sait à quel saint se vouer. Nous sommes abandonnés à nous-mêmes » lâche t-elle .

La vie sur les sites est difficile. Les déplacés manquent d'eau potable, de savon , de produits de premières nécessité .

Risque d'épidémie de choléra

Selon le médecin chef de l'hôpital de Bria, la plupart des malades souffrent de maladies diarrhéiques, du paludisme, de la fièvre. Il déplore le manque de médicaments et de personnel soignant qualifié pour sauver la population en détresse. Les femmes enceintes accouchent à même le sol, d'autres parfois en brousse dans de très mauvaises conditions. Pour le médecin, les ex combattants doivent être désarmés pour favoriser la restauration de l'autorité de l'Etat et le rétablissement de la paix et de la sécurité .

Aucune administration dans la ville

Depuis le déclenchement de la crise sécuritaire à Bria, toutes les administrations sont pillées et saccagées par des hommes armés. Les établissements primaires et secondaires sont fermés. Les services des impôts, des douanes, la mairie, le commissariat de la police, la brigade de la gendarmerie sont totalement détruits.

« Bria est une ville à bâtir de nouveau avec plusieurs centaines de milliards » indique le député de la région Arsène Kongbo.

Face à cette situation, 10 députés de la régions 5, le sultan de Birao et de Ndélé et trois anciens ministres centrafricains ressortissants de la région ont effectué une mission de médiation entre les groupes armés la semaine dernière pour favoriser le rétablissement de la paix et la sécurité dans la localité . Grâce à leur médiation, une accalmie règne en ce moment dans la ville.