Tanzanie : des réfugiés burundais de retour au bercail

Fiers de ce retour, ils se rappellent les mauvaises conditions de vie dans le camp. Le programme alimentaire mondial (PAM) promet assistance

La fatigue mêlée de joie se lisait sur les visages des 301 burundais arrivés ce jeudi 08 août, à Butezi en province Ruyigi, à l'Est du Burundi, à la frontière burundo-Tanzanienne. Vers 11h 30 les premiers convois du Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR) sont arrivés dans le site de transit, accompagnés par un délégué de Kigoma en Tanzanie. Répartis en 97 familles ; une centaine provenant des provinces du nord et de l'est du pays, d'autres seront été acheminés le vendredi dans le site de transit de Kajaga de la province Bujumbura rural.
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Ces Burundais rentrent après une visite en Tanzanie au mois de juillet 2017 du chef de l'Etat burundais à son homologue John Pombe Magufuli. Les deux présidents ont lancé un appel à tous les Burundais de rentrer. Cette visite a été suivie d'une réunion tripartite, - Burundi-HCR-Tanzanie - vers la fin du mois d'août 2017. Cette dernière a conclu que d'ici la fin du mois d'octobre 2017, 6000 Burundais auront regagné le pays sur les 12 000 inscrits volontairement. Albert Mbiligni, représentant du HCR au Burundi annonce que le Programme Alimentaire Mondiale PAM assistera en vivres ces burundais les trois premiers mois de leur retour, sur le sol burundais.
 
Ceux de Nduta rentrent trois semaines après que 80 familles soient rentrées du camp de Lusenda en RD Congo. Mais déjà une guerre de chiffres sur les réfugiés burundais s'observe entre les organisations étrangères de défense des droits de l'homme et Bujumbura. Dans ce groupe de Nduta, Ndorere Godelieve, mère de 3 enfants ; ses affaires, dont certaines sur la tête, d'autres à la main; et d'autres soulevés par ses enfants ayant un âge compris entre 5 et 12 ans, relate sa vie au camp pour réfugiés (de Nduta). Elle dit avoir fui le pays au mois de juillet 2015 à la veille des échéances électorales de 2015.
 
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K.M : Comment vous sentez-vous?
 
N.G : (Souriante) je vais très bien ; je me sens heureuse de retourner dans mon pays après toute cette période.
 
K .M : Parlez-nous de votre vie dans le camp?
 
N.G : La vie dans le camp n'était pas du tout bonne. Avant, la nourriture était abondante mais ces derniers jours, les quantités ont été diminuées. Je ne rentre pas à cause de la faim mais plutôt parce que la paix règne au pays. Je viens me joindre aux autres pour le développement de mon pays et volontairement. Le grand problème était lié au manque de bois de chauffe .Quant on sortait du camp, les tanzaniens nous frappaient.
 
K.M : D'autres Burundais restent dans différents camps ; quel appel leur lancez-vous?
 
N.G : J'interpelle ces Burundais à rentrer en vue de nous préparer aux élections de 2020. J'ai hâte de regagner mon ménage et revoir les membres de ma famille.