Sénégal : le corps d'un cinquantenaire découpé en morceaux

Le corps d'un homme a été retrouvé découpé en morceaux. Il serait
victime d'un crime rituel, selon le voisinage.

Le corps sans vie d'un homme de 57 ans a été retrouvé dans sa chambre, au quartier de Dangou, au nord de Rufisque. La victime, M. G. Guèye a, selon les témoins, été retrouvée tôt dans la matinée mardi, gisant dans une marre de sang, la gorge tranchée, le bras gauche déchiqueté.
 
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Ce sont les cris de détresse de la soeur qui a découvert le corps de la victime, vers 07 H, qui ont ameuté le voisinage. "J'ai moi-même fermé la porte de la concession vers 2 h du matin et pris soin d'éteindre les lampes. Tôt le matin, j'ai été réveillé par les cris de détresse stridents de ma soeur qui, la première, a forcé la porte de M. G. Guèye qui, d'habitude, était matinal ", témoigne cet homme, sous le couvert de l'anonymat. Sa chambre est mitoyenne à celle de la victime. Il n'a entendu aucun bruit suspect.

Crime rituel ?

Les circonstances du décès demeurent un véritable mystère pour le moment. D'après ses voisins, M. G. Guèye que tout le quartier appelait " l'enseignant " avait pour amis les enfants à qui il dispensait des cours de renforcement, comme répétiteur.
 
Le plus frappant, toujours selon ces derniers, il n'y a pas eu de traces d'infraction dans la chambre. Toutefois, des tessons de bouteilles tâchés de sang ont été retrouvés sur place. Dépêchés sur les lieux après la découverte du cadavre, les éléments de la police urbaine de Rufisque ont été finalement suppléés par leurs collègues de la police scientifique chargés de mener l'enquête pour élucider le crime.

Ancien excellent joueur de l'Asc Lébou Gui de Rufisque, la victime est décrite comme un homme serviable et très sociable. Infatigable pour les enfants en classe d'examen à qui il donnait au quotidien des cours de renforcement, le quinquagénaire, avait fini par devenir une légende à Rufisque en général et dans le quartier Dangou en particulier.

"un laboratoire des crimes rituels"

Les crimes rituels et les trafics d'organes sont devenus un commerce transnational, attractif et florissant où tout s'achète et tout se vend en pièces détachées : coeurs, yeux, membres... Même si la police suit son enquête, beaucoup d'esprits pensent à un crime rituel dans l'affaire de M. G. Gueye.

Un crime rituel est un crime qui est commis sur la base d'un certain nombre de pratiques, soit traditionnelles ou religieuses, soit culturelles ou mystiques. Dans tous les cas, le crime rituel, est commis dans le but d'utiliser une partie de l'organe du corps humain, pour des sacrifices ou, tout simplement, pour des rituels. C'est, malheureusement, à cette pratique que s'adonnent certaines personnes pour, selon plusieurs interlocuteurs, devenir riches. Leurs principaux conseillers : les marabouts ou féticheurs. Autre "logique" des crimes rituels: faire souffrir au maximum la victime et extraire toute sa pureté avant de lui enlever le souffle de vie.

Le président du Cercle des Intellectuels Soufis (CIS), Serigne Fallou Dieng, en réaction à la recrudescence des meurtres au Sénégal, défend que " tous ces effroyables supplices humains ont la même matrice, les mêmes ressorts de motivation et le même dénominateur commun, à savoir, le sacrifice rituel humain. "
 
Il constate que " depuis qu'une certaine Fama Niane a été tuée et découpée en morceaux, puis jetée dans la corniche de Dakar, force est de reconnaître que le Sénégal est devenu un laboratoire des crimes rituels.
La forte présence d'esprit de sorcellerie et de l'énergie noire répand au Sénégal du sang rouge. Et ce, du fait tout simplement que les esprits des Sénégalais gagnent de plus en plus du fétichisme. Et voilà qu'ils se
manifestent en sacrifices humains".