Mali : saisie record de drogue en 2016

L’Office central des stupéfiants a procédé à la saisie de plusieurs
tonnes de cannabis, de cocaïne et de psychotropes en 2016. Une saisie record.

Au cours d'une conférence de presse, le directeur de l'Office central des stupéfiants a présenté le bilan des activités réalisées par l'OCS en 2016. Le magistrat lieutenant-colonel Adama Tounkara parle d'importantes quantités de drogue et du démantelement de réseaux de trafic de stupéfiants.
 
Mali Drogue Fotor 99135

"L'Office central des stupéfiants a, au titre de l'année 2016, procédé à une saisie record de 2,7 tonnes de cannabis, plus de 5 kg de cocaïne et 3 tonnes de psychotropes composées de Tramadol, de Rivotril et d'autres médicaments contrefaits...", s'est félicité le patron de l'OCS.

Dans le cadre des différentes opérations de saisie, au total 175 personnes, dont 20 de nationalités étrangères, ont été interpellées et mises à la disposition de la justice. "L'un des plus grands réseaux de trafic de cannabis au Mali, dirigé par Moustapha Doucouré, a été démantelé", a rappelé M. Tounkara.

Coopération

Il a ensuite souligné que les opérations de contrôle sont en cours au titre de l'année 2017. « Jusqu'ici nous avons saisi plus de 600 kg de cannabis, 1,5 kg de cocaïne, 10 kg d'héroïne avec la Douane et une quantité importante de psychotropes. »

Au total, 32 personnes ont été interpellées, dont Ibrahima Madani Bah, dit Rougeot, cerveau de l'un des plus grands réseaux de trafic de cannabis à Bamako, la capitale malienne.

Au regard de la complexité de la lutte, le magistrat lieutenant-colonel Adama Tounkara a souligné la nécessité d'une coopération avec d'autres pays de la sous-région, notamment le Nigeria, le Ghana, le Niger, le Burkina Faso et le Sénégal, où l'Office a déjà effectué des visites. L'OCS entretient des partenariats avec plusieurs pays et organismes comme la France, les Etats-Unis, le Canada, l'Espagne, la Russie, l'Onudc, la Minusma, l'Eucap-Sahel, le G5-Sahel, la Cedeao.

Sanctuaire

Il a déploré les difficultés auxquelles l'Office central des stupéfiants est confronté : manque de données fiables sur les tendances nationales du trafic et de la consommation des drogues, absence d'une politique et d'une stratégie nationale de lutte contre la drogue, manque de moyens techniques appropriés, comme les matériels d'exploitation numérique et téléphonique, etc.

Le Mali est devenu, depuis quelques années, un sanctuaire pour les trafiquants de tous genres. La situation a empiré avec la crise de 2012, car plusieurs zones du vaste désert malien échappent toujours au contrôle de l'Etat.