Des Burundaises victimes de trafic humain

824 Burundaises ont été embarquées vers les pays arabes en 2016, victimes d'un trafic humain. Des ONG interpellent le gouvernement sur ce phénomène.

Le trafic humain est une réalité au Burundi, constate avec amertume la chambre haute du parlement. Se basant sur le protocole de Palerme visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes en général et celle des femmes et des enfants en particulier, la chambre haute du parlement dit avoir documenté plus de 800 cas.

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Le sénat a pris en main cette question, après que plusieurs voix dans les médias et la société civile se soient levées pour décrier la situation. Les représentants du peuple annoncent que ce commerce gagne de plus en plus de terrain dans la région de la communauté est-africaine. Elle est accentuée par l'envoi des étudiantes burundaises vers les universités et écoles de cette communauté à la recherche des études de qualité vu les facilités qu'offre l'EAC (East African Community).

Phénomène

Jusqu'ici, 7 personnes ont été arrêtées. 11 compagnies soupçonnées de tremper dans ce commerce ont vu leurs activités suspendues par la police. Pour la fédération nationale des défenseurs des droits de l'enfance au Burundi FENADEB, le gouvernement doit s'assurer que les droits des Burundaises se trouvant en Arabie Saoudite ou Oman sont respectés.

En février dernier, l'organisation parlait de 6 Burundaises détenues au ministère de l'Intérieur dans ces deux pays. Même son de cloche du côté de l'Observatoire national de lutte contre les crimes internationaux qui décrit un esclavage sexuel. Ou du côté du forum pour le renforcement de la société civile FOCODE qui explique que certaines autorités burundaises sont impliquées dans ce trafic « raison pour laquelle la situation perdure, » selon Pacifique Nininahazwe, son président. Ces organisations de la société civile (OSC) bénéficient d'un grand soutien.

Déjà en juin 2016, la commission nationale indépendante des droits de l'homme CNIDH avait officiellement annoncé dans une conférence de presse, que depuis le 19 avril 2015, plus de 250 Burundaises ont été embarquées vers les pays du Golf. J.Baptiste Baribonekeza, président de la commission, a appelé le gouvernement à mener des enquêtes approfondies pour identifier tous les coupables et de décourager le phénomène.

Une ébauche de solution ?

Une année plus tard, le gouvernement burundais, via le ministre des Relations extérieures s'est expliqué devant les sénateurs. Sur les craintes avancées, Alain-Aimé Nyamitwe promet que le Burundi va continuer ses contacts avec son ambassade en Arabie Saoudite afin de rapatrier toutes les Burundaises. L'ambassadeur Nyamitwe reconnait que les trafiquants usent de plusieurs stratagèmes pour embarquer les jeunes filles et les femmes.

« Seule une trentaine a été rapatriées ! » Le chemin à parcourir est encore long s'exclame Jean Pascal Nsesema, président de la commission du sénat.