Mali: découverte d'une importante cache d'armes à Kidal

En fin d’opération, les soldats français ont mis la main sur une quantité importante de munitions et d’obus de mortiers à Kidal, dans le nord du Mali.

Les soldats du groupement tactique désert Korrigan de la force Barkhane viennent de boucler dix jours de fouilles intensives dans la région de Kidal. Ils ont pu ainsi mettre à jour plusieurs caches d'armes.

mali cache darmes kidal 289b7Photo d'illustration - Le Monde

La force française a en effet découvert plus de quarante tubes lance-roquettes, 5 000 munitions et une demi-douzaine d'obus de mortiers qu'elle a fait exploser sur place. Quelle est l'origine de cet arsenal de guerre ? A qui appartient-il ? Pas de réponses à ces questions pour le moment, mais, les soldats français affirment qu' « il y avait des armes et des munitions presque neuves et d'autres plus anciennes. »

Les mêmes sources rapportent que des experts en balistique étudient cet armement pour essayer d'en savoir plus sur sa provenance.

L'opération, menée par 450 soldats et 110 véhicules blindés, appuyés par trois hélicoptères, a aussi permis de neutraliser un dispositif de tir indirect au niveau de Tessalit.

Une roquette de 122 mm montée sur une rampe de lancement improvisée déclenchable par téléphone et pointée en direction de la ville. Les tirs indirects, les mines et les engins explosifs improvisés sont les principaux dangers dans cette partie du Mali, aussi bien que pour les populations que les forces internationales.

Cette découverte relance, encore une fois, le débat sur la situation sécuritaire dans cette région du nord du pays, jusque-là contrôlée par les groupes armés, notamment la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) et la Plateforme des mouvements d'autodéfense.

affrontements intercommunautaires

Les patrouilles mixtes (forces armées maliennes-ex-combattants rebelles), censées amener la quiétude dans la région, sont toujours attendues à Kidal comme dans toutes les autres régions nord du Mali, à l'exception de Gao.

L'installation, le 28 février dernier, d'une autorité intérimaire à Kidal constitue ainsi un réel motif d'espoir pour le retour de l'administration publique et des forces armées de défense et de sécurité dans cette région où l'Etat malien est absent depuis les événements de mai 2014.

Rappelons par ailleurs qu'en dépit de la signature de l'Accord de paix et de réconciliation en mai et juin 2015, les groupes terroristes demeurent très actifs dans le nord et le centre du Mali. Les militaires maliens et les forces de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) sont ainsi fréquemment pris pour cibles. La situation est aggravée par les affrontements intercommunautaires, plus en plus fréquents dans le Centre du pays.