Mauritanie: de nouvelles mesures pour lutter contre l'esclavage

L’esclavage fait toujours débat en Mauritanie. Les dernières décisions de justice porte un coup à cette pratique, pourtant abolie officiellement en 1981.

C'est une semaine à marquer d'une pierre blanche en Mauritanie ! La première condamnation pour esclavage qui a été prononcée lundi 16 mai, par la cour criminelle spécialisée en matière de lutte contre l'esclavage, a été accompagnée par la libération de deux militants antiesclavagistes suite à un ordre de la cour suprême.

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La Mauritanie compte ainsi poursuivre ses efforts en matière de lutte contre l'esclavage, conformément à ses engagements internationaux.

Première condamnation

La première condamnation pour esclavage en Mauritanie a été prononcée par la cour criminelle spécialisée en matière de lutte contre l'esclavage de Néma (est du pays). Hanana Ould S. M. et Khalihina Ould H. ont été condamnés à une peine d'emprisonnement de cinq ans, assortie d'une amende de 2.500 euros chacun pour avoir asservi deux femmes, Fatimetou Mint Hamdy et Fatimata Mint Zayda.

L'esclavage a été officiellement aboli en 1981 en Mauritanie et l'Assemblée nationale a reconnu l'an dernier qu'il constituait un «crime contre l'humanité».

Le pays a instauré trois cours criminelles spécialisées en matière de lutte contre l'esclavage en vertu de la loi portant incrimination de l'esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes. La loi prévoit même jusqu'à vingt ans de prison pour les maîtres et un dédommagement pour les victimes.

Libération de deux militants

Parallèlement à cette première condamnation, les deux militants anti esclavage Biram Ould Dah Abeid, président de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA-Mauritanie), et Brahim Ould Bilal Ramdane, vice-président de l'IRA-Mauritanie ont été libérés mardi. La cour suprême a annulé l'arrêté de la cour d'appel d'Aleg en date du 26 août 2015, confirmant la peine de deux ans de prison à l'encontre de ces deux militants suite à leur participation à une campagne de sensibilisation contre l'esclavage.

Plus d'un million de personnes (le pays compte 3,8 millions d'habitants) avaient signé la pétition en ligne pour demander la fin de leur détention.