Sénégal : un étudiant condamné à 2 ans ferme pour trafic de drogue

Un étudiant a été condamné à 2 ans de prison pour trafic de drogue.
Cette dernière se répand dans les campus comme une trainée de poudre.

S. M. Djassye, né en 1987 et étudiant en transport et logistique, a comparu devant le juge statuant en matière de flagrants délits. Il a été arrêté en possession d'une quantité importante de drogue.
 
Senegal Drogue Fotor f87ff

En effet, le chef de la brigade des recherches de Dakar a été informé par une tierce personne que le sieur Djassy logeant à Grand-Dakar s'adonnait à la vente de drogue. Après la rupture du jeûne, exploitant l'information il l'a appelé au téléphone prétextant vouloir acquérir une certaine quantité du produit illicite. Djassy lui a d'abord proposé 3 pierres de haschich. Le policier feignant en vouloir plus, Djassy a proposé de le conduire à Liberté 6 (un quartier de Dakar) chez un de ses amis, vendeur de drogue aussi. Fort de tous les renseignements, le policier effectue une descente plus tard lors de laquelle Djassy et ses amis sont arrêtés.

A la barre ses co-accusés de nationalité bissau-guinéenne, O. Monteiro et M. Batican ont nié les faits qui leur sont reprochés indiquant qu'ils connaissaient Djassy parce que partageant le même appartement que lui à Grand-Dakar.

Djassy lui, a regretté son geste implorant la clémence. Le ministère public dans son réquisitoire a souligné que le prévenu devait comparaître pour les faits de trafic international parce que lors de l'enquête il a reconnu que la drogue venait de la Guinée Bissau. Il a requis une peine de 2 ans ferme à son encontre et la relaxe au bénéfice
du doute pour les autres prévenus. Le tribunal a finalement relaxé les deux co-accusés et condamné S. M. Djassy à 2 ans ferme.
 
Senegal Menotte Fotor 3800a

L'école sénégalaise dans les vaps

La consommation de stupéfiants gagne de plus en plus du terrain dans le milieu scolaire. Même si certains parmi les élèves nient la réalité, d'autres, par contre, avouent et appellent à la vigilance.

Jacques Ngor F., ancien drogué, retrace les moments forts de son histoire tragique avec la drogue. Même si les faits remontent à l'année scolaire 2013, le jeune homme révèle que c'est la drogue qui l'a poussé à tourner le dos à l'école pour se consacrer au petit commerce. "J'ai aujourd'hui 24 ans. J'étais un élève brillant mais, je me droguais. J'étais un accro. J'ai commencé à fumer du chanvre indien, depuis la seconde, lorsqu'ayant décroché avec brio mon brevet de fin d'études moyennes, je suis orienté en Seconde S2, dans un lycée de la capitale", confie, sans gêne, notre interlocuteur. "A force de fumer, j'ai fini par perdre le goût des études et arrêter l'école. Je regrette vivement d'avoir gâché ma carrière». Les larmes aux yeux, il invite les jeunes à se méfier du chanvre indien.

"Certains étudiants fument dans les toilettes"

A l'université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, tous les étudiants rencontrés confirment la présence de la drogue dans le campus. Selon eux, la consommation ne connaît pas de répit. Une situation qui n'est pas nouvelle mais qui a atteint, aujourd'hui, des proportions inquiétantes. " Il y a beaucoup d'étudiants drogués. Le soir, on sent l'odeur du chanvre indien qui se dégage des chambres. C'est devenu même une chose banale", regrette Moustapha Tall.

Allant plus loin, cet étudiant en licence 3 à la faculté des Sciences économiques et de gestion (Faseg) ajoute : " C'est difficile à croire, mais c'est la réalité. Il y a des bandits à l'université qui, à la tombée de la nuit, dictent leur loi dans le campus social". Se disant stupéfait par autant d'audace, il soutient que fumeurs et trafiquants
ne se cachent pas.

Ndèye Fatou, rencontrée devant le pavillon Q, tire la sonnette d'alarme et invite les autorités à prendre le problème à bras le corps. " Avant de venir à l'université, j'entendais beaucoup de choses. Mais, c'est en arrivant que je me rends compte que c'est un monde à part. Il y a des drogués, des voleurs, etc...", clame-t-elle. Non sans demander à ce que la sécurité soit renforcée dans le campus.

Du côté des parents, l'on tente d'expliquer la montée en puissance de ce phénomène social par la pauvreté, le manque d'éducation ou encore le manque de modèle qui font que les adolescents soient plus vulnérables à la drogue pour affirmer leur personnalité́.