Paludisme : enquête pour homicide involontaire en Italie

La justice italienne a ouvert une enquête contre X après la mort d'une fillette du paludisme dans un hôpital de Brescia (nord), un cas dont l'origine laisse les médecins perplexes.

Selon l'AFP, la fillette de 4 ans avait été admise le 16 août 2017 pour une suspicion de diabète au service pédiatrique de l'hôpital Santa Chiara de Trente (Nord), où elle a été en contact avec deux enfants ayant contracté le paludisme pendant un voyage au Burkina Faso. Ces derniers ont quitté l'hôpital, après avoir reçu les traitements adéquats, mais il n'est pas exclu qu'ils aient pu jouer avec la fillette, expliquent les médias italiens. Sortie le 21 août, l'enfant avait dû être à nouveau hospitalisée mercredi, 6 septembre 2017 pour des symptômes préoccupants. Alors qu'elle n'avait jamais voyagé dans un pays à risque, les examens de laboratoire ont confirmé qu'elle était atteinte de paludisme. Elle a été transférée en hélicoptère au service des maladies tropicales de Brescia, mais son état s'était rapidement détérioré et les médecins n'ont pu la sauver.
 
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Une autopsie devait être pratiquée jeudi, 7 septembre à la demande du parquet de Trente, qui a ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire. Parmi les hypothèses pouvant expliquer la contamination de la fillette en Italie, où le paludisme est extrêmement rare, celle d'un "cas valise" est avancée. L'on sait de longue date que le paludisme est transmis à l'homme par la piqûre d'un moustique femelle du genre Anophèle, et il arrive qu'un anophèle infecté soit transporté dans la soute d'un avion en provenance d'une zone impaludée et parvienne en zone saine.
 
L'hypothèse qu'un moustique autochtone ait pu transmettre le parasite mortel est en revanche moins probable, selon les scientifiques. « Même si le paludisme a été éradiqué en Italie, il existe toujours des moustiques anophèles dans certaines régions mais il y a peu de chances qu'on en trouve dans le Trentin », a expliqué à l'AFP Colin Sutherland, professeur de parasitologie à Londres. Autre possibilité envisagée par les enquêteurs, la fillette aurait pu être mise en contact avec une aiguille souillée. Mais l'hôpital a assuré n'utiliser que des seringues à usage unique.
 
Une interrogation demeure cependant, les deux garçonnets ont pourtant « quitté l'hôpital, après avoir reçu les traitements adéquats » au service pédiatrique de l'hôpital Santa Chiara de Trente (Nord), sans avoir à faire un long trajet pour le service des maladies tropicales de Brescia. En plus pour un paludisme avéré, l'on pense que les symptômes auraient dû se déclenché pendant la période immédiate suivant le contact avec les garçonnets et ne pas attendre, près de trois semaines. Mis à part les contacts en milieux hospitaliers, rien n'est signalé dans l'environnement de la petite fille en dehors de l'hôpital. Peut-être a-t-elle été en contact avec plusieurs « cas valise » qui n'auraient pas été signalée et déclaré.
 
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il y a eu quelque 212 millions de cas de paludisme dans le monde en 2015 et 429.000 décès. Quelque 90% des cas et des morts dues à cette maladie ont leur origine en Afrique.