Une quinzaine de morts dans des heurts dans le Cameroun anglophone

Les régions anglophones ont été le théâtre de plusieurs affrontements entre policiers et manifestants le 1 er octobre, jour anniversaire de la réunification du Cameroun.

Le calme reste précaire à Bamenda et Buea ce 2 octobre, les capitales régionales du nord-ouest et du sud-ouest, vivent au ralenti après un 1er octobre marqué par plusieurs manifestations ayant dégénéré pour la plupart en scènes de violences.

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Les activistes anglophones engagés dans un mouvement de contestations depuis plusieurs mois avaient annoncé cette journée comme déterminante pour leur cause, (l'appel au retour à un Etat fédéral). Les plus radicaux prévoyaient d'ailleurs de proclamer symboliquement leur indépendance (celle des régions anglophones).

Bilan officiel

Malgré le « couvre-feu » décrété dans la région du nord-ouest par les autorités administratives, les populations ont bravé l'interdiction. Elles sont descendues dans la rue en masse, chantant et scandant des slogans de liberté. Des Des activistes sécessionnistes seraient selon des témoignages tombés sous les balles des militaires, en voulant hisser des drapeaux de sécession sur des édifices publics à Bamenda. D'autres manifestants sont morts à Buea dans le sud-ouest après avoir reçu des balles perdues.

Un jeune victime de moins de 15 ans est décédée sous le poids d'un projectile reçu à la tête. Difficile cependant de dresser un bilan clair. Alors que des sources officielles parlent d'une quinzaine de morts, des organisations de la société civile indique qu'une cinquantaine de personnes sont mortes pendant ces manifestations dans les deux régions anglophones du Cameroun.

Pour l'heure les deux régions restent quadrillées par les forces de sécurité. Les mouvements des biens et des personnes restent toujours restreints. En réponse à ces mouvements teintés de velléités sécessionnistes, le RDPC (Rssemblement démocratique du peuple camerounais), le parti au pouvoir, a organisé plusieurs marches et meetings à travers le pays avec pour objet principal : l'appel à l'unité nationale.