Togo: les députés de l'opposition claquent la porte de l'hémicycle

Ils refusent d'aborder un autre sujet que les réformes constitutionnelles. Leurs collègues du parti au pouvoir disent qu'ils ne sont pas surpris.

Jeudi 14 septembre. Al 'hémicycle de Lomé, les sièges des députés de l'opposition sont vides. Ils ont vidé la salle pour protester contre l'ordre du jour présenté par le président national, Dama Dramani. Le "projet de loi portant égalité de traitement des étudiants ressortissants de l'UEMOA dans la détermination des conditions et des droits d'accès aux institutions publiques d'enseignement supérieur au Togo". Tout de suite, les députés de l'opposition ont quitté la salle avouant qu'ils n'ont ni de cœur, ni l'esprit à discuter d'autre chose que des réformes constitutionnelles.
 
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Patrick Lawson, premier vice-président de l'Alliance nationale pour le changement (ANC), le parti du chef de file de l'opposition, estime qu'« il revient à Dramani de prendre ses responsabilités vis-à-vis des populations qui nous ont écoutés et qui l'ont écouté également », a déclaré Patrick Lawson, qui fait ici allusion à la sortie massive des populations à la suite de l'appel des opposants exigeant le retour de la constitution du 14 octobre 1992 et la manifestation du parti au pouvoir à la marche parallèle de l'opposition. Selon M Lawson, « l'heure est grave et la préoccupation des togolais aujourd'hui : ce sont les réformes constitutionnelles ». Il a précisé que, si la prochaine session extraordinaire est ouverte pour discuter des réformes, ils retourneront tous dans la salle.
 
Réactions
Réagissant au retrait des députés de l'opposition qui ne sont pas prêts à étudier un autre ordre du jour si ce n'est la question des réformes, Christophe Tchao, président du Groupe Parlementaire UNIR (Union pour la République), a ouvertement critiqué l'attitude des députés de l'opposition. « Ce n'est pas la première fois que nos collègues abandonnent les bancs de l'hémicycle. A des moments donnés où nous sommes face à des décisions importantes pour la nation, ils ont toujours adopté ce comportement en pratiquant la politique de la chaise vide », a réagi M Tchao.
 
Pour le président de l'Assemblée nationale Dama Dramani, une session extraordinaire ouverte ne peut pas être clôturée sans rien faire : « Nous devons symboliquement adopter un texte », a-t-il a précisé. Le projet de loi constitutionnelle déposé sur la table du Parlement, sera examiné le vendredi 15 septembre 2017 par la commission des lois constitutionnelles. Le texte est dénoncé par l'opposition qui appelle ses partisans à une "remobilisation".