Mali : des soldats portés disparus dans le nord du pays

Un convoi de l’armée malienne est tombé dans une embuscade dimanche. Une trentaine de soldats manquent toujours à l’appel.

Le dimanche 9 juillet, vers 15 h GMT, un convoi de militaires maliens est tombé dans une embuscade à Inkadagotan, à 60 km de la ville Ménaka, dans le nord du pays.

Selon des sources officielles, le bilan est de 4 véhicules militaires détruits et plusieurs soldats portés disparus. Ils seraient au total 29 militaires à ne pas répondre à l'appel, selon des sources indépendantes. Du côté des assaillants, des djihadistes présumés, l'armée malienne évoque des pertes, mais sans aucune forme de précision.
 
Mali Soldats Fotor bb3ceImage illustrative troupe de soldats maliens

 
L'attaque n'a pas été jusque-là revendiquée, mais des analystes soupçonnent la branche de l'organisation Etat islamique au Mali, dirigée par Abou Walid Al-Sahraoui. En effet, en juin dernier, Al-Sahraoui avait menacé de représailles le général El Hadj Gamou, proche du groupe d'autodéfense touaregs, imghads et alliés (GATIA), et Moussa Ag Acharatoumane, le chef du Mouvement pour le salut de l'Azawad (MSA), une dissidence de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA).

Les forces de défense et de sécurité du Mali font face à une pression de plus en plus croissante des islamistes dans le nord comme dans le centre du pays.

Un coup dur...

Dans la même journée, une position de la gendarmerie a été attaquée par des djihadistes à Bénéna, non loin de la frontière Mali-Burkina Faso. L'attaque a été repoussée et des renforts maliens et burkinabés ratissent la zone, à la recherche des assaillants qui étaient à motos.

Quelques jours auparavant, le 6 juillet, de violents affrontements avaient opposé la plateforme des mouvements d'autodéfense, communément appelée ''Plateforme'', et la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA). Cette énième violation du cessez-le-feu est intervenue alors qu'une mission de bons offices, dirigée par le président du Haut conseil islamique du Mali, l'Imam Mahmoud Dicko, était attendue à Kidal, dans le cadre d'un éventuel retour de l'armée dans la région.

Ces attaques constituent un coup dur pour l'accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d'Alger dont la mise en œuvre piétine depuis sa signature, en 2015, par le gouvernement et les deux principales branches de groupes armés, la Plateforme et la CMA.