Gambie: le recours de Yahya Jammeh sera examiné en mai 2017

La cour suprême a annoncé que le recours déposé par le président Yahya Jammeh ne sera examiné qu’en mai 2017, à cause de l’indisponibilité du président de la cour.

C'est ce 10 janvier 2017 que la cour suprême en Gambie, organe habilité à prononcer les résultats définitifs d'une élection dans le pays, devait statuer sur le sort du président sortant Yahya Jammeh. Après le recours déposé par « l'homme de Kanilaï », suite aux résultats provisoires publiés par la commission électorale indépendante et donnant Adama Barrow vainqueur, la Gambie retenait son souffle. L'audience qui s'est déroulée au siège, en présence d'une dizaine de personnes, a été finalement renvoyée à mai 2017 à cause de l'indisponibilité du président de la Cour suprême.

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Après l'en avoir informé, ces personnes ont demandé au représentant du candidat jusqu'ici malheureux de la présidentielle du 1er décembre 2016 s'il confirmait la plainte de Jammeh à cette date. Ce que le représentant du président gambien a répondu par l'affirmative.

Des juges étrangers... à l'étranger

Ce sont au total cinq juges sollicités par Yahya Jammeh qui devaient examiner le recours avant de rendre une décision finale. Toutefois, aucun de ces juges ne se trouve présentement à Banjul, la capitale gambienne. A noter que la plupart sont de nationalité soit nigériane, soit sierra-léonaise.

Concernant l'un d'eux, justement, le Sierra-Léonais Nicolas Browne-Mark, il aurait été aperçu lundi dernier à Freetown, la capitale de la Sierra-Léone, alors qu'il était censé se trouver à Banjul. Quant au juge nigérian Onogeme Uduma qui aurait dû siéger mercredi au niveau de la cour suprême gambienne, il aurait fait part de son indisponibilité aux autorités. Il devrait ainsi être opérationnel qu'en mai ou novembre prochains, l'agenda judiciaire de son pays étant chargé, a-t-il informé par courrier le ministère gambien de la Justice.

Epée

A quoi devrait-on s'attendre en Gambie dans les prochains jours ? Alors que la Cedeao envisage encore d'emprunter la voie diplomatique pour résoudre ce problème, la décision de la cour suprême de renvoyer l'examen du recours en mai 2017 constitue une véritable menace quant à la situation socio-politique gambienne. En effet, la plupart des chefs d'Etat issus de la Cedeao ont déclaré à qui voulait l'entendre qu'ils seront présents à Banjul lors de l'investiture du président élu Aama Barrow, prévue le 19 janvier. De son côté, Yahya Jammeh n'aura eu de cesse d'avertir ceux qu'ils qualifient de « troubleurs » de ne pas venir s'immiscer dans une affaire qui ne les concerne pas.

Le peuple gambien devra prendre son mal en patience et attendre six mois pour être édifié. Un cas de figure qu'aucune partie ne devrait accepter. Autant dire que le peuple gambien a une épée de Damoclès au-dessus de la tête