Lomé : la société civile soutient la lutte de l'opposition togolaise

Elle exhorte le président Faure Gnassingbé à accéder aux demandes légitimes du peuple togolais

« Lucha et Filimbi » de la Rdc, « Balai Citoyen » du Burkina Faso, « Jeune & Fort » au Cameroun, « Y en a marre » du Sénégal, « Sindumuja » au Burundi, « Wake Up Madagascar » de Tana et « Iyina » du Tchad, voilà la liste la liste des organisations de la société civile africaine qui s'intéressent à la situation politique du Togo. Ceci depuis les manifestations sanglantes du 19 août 2017. Ces associations, dans une déclaration commune, disent soutenir le peuple togolais dans sa lutte pour l'alternance. Elles demandent au président Faure Gnassingbé d'accéder aux demandes légitimes des populations togolaises.

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Le climat politique de Lomé et du reste du territoire togolais connaît des mouvements depuis l'appel du parti national panafricain (Pnp) de Tikpi Atchadam dont les militants réclament le retour à la constitution originelle du 14 octobre 1992 et le vote de la diaspora. Malheureusement, la manifestation du Pnp a été réprimée dans le sang occasionnant de morts, des blessés et des arrestations. Depuis lors, le climat s'est dégradé avec l'entrée en jeu des formations de l'opposition au côté du Pnp. Une quinzaine de partis politiques se sont coalisés pour enfoncer les clous. Dans les rues les 6 et 7 septembre 2017, les opposants réclamaient outre les réformes, le départ de Faure Gnassingbé du pouvoir.

Appel
Dans leur déclaration dont copie a été transmise, les huit organisations de la société civile africaine expriment leur «profonde admiration et solidarité́ envers le peuple Togolais qui a su se lever pour défendre sa liberté́ et ses droits les plus légitimes ». Elles l'encouragent à poursuivre cet élan avec une plus grande détermination et dans la non-violence jusqu'à obtenir gain de cause car le Togo lui appartient». Les mouvements citoyens africains signataires de la déclaration, appellent Faure Gnassingbé à quitté le pouvoir à l'expiration de son mandat actuel. «Il a encore la possibilité́ d'entrer positivement dans l'histoire de son pays et du continent comme celui qui a su lire les signes du temps avant qu'il ne soit trop tard, plutôt que d'en sortir par la petite porte à force d'obstination », peut-on lire dans la déclaration.

Les signataires de la déclaration appellent par ailleurs «les plus hauts responsables civils et militaires Togolais à se ranger et à prendre fait et cause pour leur peuple, afin de permettre à cette Nation d'entamer une nouvelle ère de liberté́, de démocratie et de justice sociale ». Pour Fadel Barro du mouvement citoyen sénégalais « Y'en a marre », «le Togo suit le vent de l'histoire qui souffle en Afrique. Il en appelle la communauté internationale, et en particulier la Cédéao, dont Faure Gnassingbé est le président en exercice, à soutenir les aspirations démocratiques qui s'expriment et empêcher un éventuel embrasement.


Réformes
Au Togo, les réformes politiques constituent le principal sujet qui divise la classe politique (pouvoir et opposition). Ce vendredi, 15 septembre la commission des lois de l'assemblée s'est réunie pour examiner l'avant-projet de loi adopté en conseil des ministres le 5 septembre dernier par le gouvernement sur les modifications de la Constitution. Si cette étape arrive à sa fin, le texte entier sera devant tous les députés qui vont commencer à l'étudier en séance plénière.