La journée de "Togo mort" de l'opposition suivie dans le secteur privé

Vendredi 25 août le Togo a tourné au ralenti suite à l'appel à un Togo
mort, lancé par l'opposion. Ce, en mémoire des victimes de la manifestation du 19 août dernier.

L'opposition togolaise crie victoire. Ce, après son appel à une journée de recueillement vendredi. Elle a été largement suivie dans le secteur privé.

Les opposants ont appelé à la cessation de toute activité professionnelle et économique, vendredi dernier de 6 h à 18 h. Et le constat fait est sans appel. Jusqu'en milieu de journée du vendredi dernier, Lomé la capitale a tourné au ralenti. Si dans le secteur privé, l'appel est quasiment suivi, tel n'est pas le cas chez les agents de la fonction publique.
 
Togo Rue Lomé Fotor 2c816

Le secteur public n'a pas répondu l'appel de l'opposition. Le centre administratif a ouvert et les fonctionnaires étaient au bureau. La justice a normalement fonctionné, par exemple.
Pour contrecarrer l'opposition, le gouvernement dans un communiqué, avait appelé les Togolais à vaquer à leurs occupations, comme d'habitude.

Activité au ralenti

Pour se rendre compte du suivi de l'appel au recueillement de l'opposition, un tour au grand marché de Lomé suffisait. Vendredi dernier, la plupart des boutiques sont restées fermées. Les rues étaient presque vides.
Ce constat est valable dans les grandes agglomérations. Bon nombre de conducteurs de taxi-motos en vogue dans la capitale n'ont pas travaillé ainsi que les taxis. La circulation était au ralenti.

Satisfaction

« Nous sommes satisfaits, » a déclaré Patrick Lawson, premier vice président de l'Alliance nationale pour le changement. Et d'expliquer: « Ce qu'on a souhaité, c'est le calme et la sérénité, pour respecter la mémoire de ceux qui sont tombés et pour prévenir en même temps que cela ne se reproduise plus à l'avenir. »

Pour le ministre de la Fonction publique, Gilbert Bawara, l'opposition se réjouit pour rien. L'ambiance qui a régné vendredi dernier est liée « aux actes d'intimidations, de terreur et de menaces des organisateurs de cette journée Togo mort. Certains commerçants ont eu peur d'exposer leurs marchandises aux actes de vandalisme".

Le 19 août dernier, le Parti national panafricain (Pnp) avait lancé des manifestations dans plusieurs villes du pays. Malheureusement, le face-à-face avec la police a tourné en affrontements, faisant deux morts à Sokodé, dont un par balle, selon un bilan officiel.

57 policiers ont été blessées et 20 manifestants blessés et de nombreux dégâts matériels enregistrés. Selon le ministre de la Justice togolaise, soixante-six personnes sont placées sous mandat de dépôt.