Crise du sucre à Bujumbura

Produit local, la vente du sucre est sujet à de nombreuses spéculations. La Sosumo, compagnie sucrière accuse l’administration urbaine qui s’en défend.

En début d'année, le gouvernement burundais a augmenté le prix d'un kilo de sucre passant de 1900 francs burundais (1,08 euros) à 2200 fbu (1,25 euro). Ce prix officiel n'a point été respecté. Le kilo est actuellement vendu entre 3000 fbu et 3500 fbu (1,70 euros - 1,99 euros).

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Dans différentes boutiques d'alimentation de Bujumbura, le sucre est rare. Même là où on le trouve, il s'achète plus cher comparé au prix officiel. Virginie Nahimana, mère de quatre enfants, venait acheter du pain et du sucre. A sa grande surprise, le sucre se vend à la cuillère et à condition qu'elle achète au moins la moitié du pain, lui répond le boutiquier.

En colère, Virginie dit ne pas comprendre comment le sucre qui est produit au Burundi puisse se vendre à ce prix et de cette façon. « Il faudrait en importer au lieu d'en manquer. » Plus loin Charles Ndayisaba cherche à s'approvisionner en sucre. Comme Virginie, il s'interroge sur la destination du tonnage pour la mairie de Bujumbura.

Les quotas pour chaque province sont restés les mêmes rassure le responsable de la Sosumo, bureau de liaison de Bujumbura. Il promet que les grossistes ne respectant pas le prix officiel seront rayés de la liste des bénéficiaires. Come Manirakiza pointe plutôt du doigt l'administration de la municipalité tout en indiquant qu'au moment où les points de vente de cette entreprise fonctionnaient encore, le sucre était disponible en permanence. Les stocks à Bujumbura sont garnis, renchérit–il.

De son côté, le maire de Bujumbura reconnait que les spéculations autour du sucre ne manquent pas. « Nous assurons la vente du sucre, c'est vrai mais certains commerçants créent une pénurie artificielle. Ils veulent hausser le prix comme ils veulent mais nous allons les traquer, » martèle Freddy Mbonimpa.

Il appelle ainsi les administratifs communaux et ceux des zones à suivre de près les bénéficiaires, car dit-il, « ce sont eux qui connaissent les adresses et les contacts de tout commerçant s'approvisionnant en sucre Sosumo. »

Fraude

Certains pensent que le sucre produit par la société sucrière de Moso, Sosumo, serait acheminé vers les pays voisins. Selon Gabriel Rufyiri président de l'observatoire de lutte contre les malversations économiques OLUCOME, ce produit est vendu dans les pays voisins ou le prix est plus attirant. Il estime que certaines autorités des provinces frontalières avec le Rwanda ou la Tanzanie usent de leur pouvoir pour vendre frauduleusement le produit. Ce point de vue est partagé par un ancien administrateur général de la Sosumo, qui a d' ailleurs été remercié pour avoir dit que le sucre est frauduleusement exporté.

La production et la commercialisation des boissons prohibées est l'une des causes de la pénurie de sucre en Mairie de Bujumbura ou à l'intérieur du pays. Dans une conférence publique tenue le 30 décembre dernier le numéro un burundais a affirmé que le sucre est utilisé pour fabriquer les boissons prohibées. Pierre Nkurunziza a tenu a précisé qu'au cours de l'année 2016 ; plus de 11000 litres de ces boissons ont été déversés.